Du 10 au 12 juillet, les légendaires Trophées d’Auvergne reviendront sur le circuit de Charade. Onze plateaux seront en piste, avec des voitures venues de disciplines aussi variées que la Formule 1, les Sport-Prototypes, le GT ou le Tourisme, et couvrant une période allant de 1928 à 1976.

Dans un peu plus d’un mois, Motor Racing Legends organisera son premier événement en France, les Trophées d’Auvergne, sur le Circuit de Charade. En attendant la publication des listes d’engagés, focus sur cinq voitures remarquables venues d’horizons bien différents.

En piste à Charade

1965 Ford Mustang GT350
Pre-66 GT Sprint

Les gros V8 américains seront bien représentés à Charade, notamment avec la Lister Knobbly à moteur Chevrolet engagée dans le Stirling Moss Trophy, ou encore par la Ford Mustang GT350 R en Pre‑’66 GT Sprint. Cette voiture avait été développée dans les années 1960 pour la catégorie B/Production de la série américaine SCCA, et produite en 37 exemplaires seulement. Elle bénéficie de modifications importantes par rapport à la version de série, notamment un bouclier avant en fibre de verre et un moteur « gonflé » à 360 chevaux.

L’exemplaire engagé aux Trophées d’Auvergne se distingue par sa livrée bleue à bandes blanches, identique à celle avec laquelle Mark Donohue attira pour la première fois l’attention de Roger Penske. Cette rencontre, déterminante, allait les mener à de grands succès, dont une victoire aux 500 Miles d’Indianapolis 1972. Cette peinture distinguait la Mustang « Donohue » de celles engagées par Shelby, blanche à bandes bleues. L’Américain disputa huit courses avec la GT350 R en 1965, remportant quatre victoires.

1964 BRM P261
HGPCA

Jackie Stewart s’était classé deuxième du tout premier Grand Prix de Formule 1 disputé à Charade en 1965, derrière Jim Clark sur Lotus 33. Il pilotait ce jour-là une BRM P261, monoplace d’exception produite en six exemplaires seulement. Engagées par l’équipe officielle et par des écurie privées jusqu’en 1968, les P261 ont remporté six victoires et se sont classées deux fois à la deuxième place du championnat « constructeurs », en 1964 et 1965.

Le châssis P261‑2 présenté aux Trophées d’Auvergne est le tout premier de la série, et surtout le premier châssis monocoque jamais réalisé par le constructeur. Aux mains de Graham Hill, il avait terminé deuxième du Grand Prix de France 1964 à Rouen‑les‑Essarts. Au‑delà de son palmarès, il incarne un âge d’or de la F1, juste avant l’apparition des ailerons, des pneus slicks et du sponsoring. Son petit V8 de 1,5 litre suffit largement à faire glisser ce « cigare » avec style. À voir absolument parmi la soixantaine de Formule 1 attendues en piste aux Trophées d’Auvergne.

1962 Ferrari 250 GT SWB Breadvan
HMRN Pre‑’63 GT

Cette curiosité des Trophées d’Auvergne est assurément l’une des créations indépendantes les plus marquantes de l’histoire du sport automobile. Peu après l’échec du coup d’État de Maranello en 1961, Giotto Bizzarrini, ancien ingénieur chez Ferrari, et le comte vénitien Giovanni Volpi se lancent dans la construction de leur propre voiture pour rivaliser avec Ferrari. Ils rachètent une 250 GT SWB ex‑Gendebien, Hill, Trintignant et Scarfiotti qu’ils habillent d’une carrosserie radicale, type break de chasse.

Construite à Modène en seulement quinze jours, elle est immédiatement surnommée « La Camionnette » par les Français – puis « Breadvan » par les Anglais. Si la voiture devance les GTO en début d’épreuve, et ce malgré sa boîte à quatre vitesses, un défaillance de l’arbre de transmission provoque son abandon après quatre heures de course. Elle gagne ensuite la catégorie GT à Brands Hatch, puis termine troisième aux 1000 km de Montlhéry 1962.

1958 Lola Mk1 Prototype
Stirling Moss Trophy

Présentée en 1958, l’année même de l’ouverture du circuit de Charade, la Lola Mk1 Prototype est la première création d’Eric Broadley qui pose avec elle les fondations de la marque Lola. Cette voiture de développement unique donnera naissance à 31 autres, dont l’une remportera la victoire dans la catégorie 1,3 litre du Trophée d’Auvergne 1960, avec Graham Whitehead à son volant.

Conçue comme une réponse directe à la Lotus Eleven, la Mk1 Prototype affiche une répartition des masses idéale de 50:50. Son châssis multitubulaire très léger – environ 28 kg – génère un léger sous‑virage parfaitement maîtrisable. Animé par un moteur Coventry Climax, le prototype fut achevé à la veille de sa première apparition à Brands Hatch, où il démontra immédiatement son potentiel avant de décrocher la pole position du Tourist Trophy à Goodwood.

1928 Bentley 3-litre
Pre-War Sports Cars

La plus ancienne voiture engagée aux Trophées d’Auvergne incarne parfaitement la philosophie de W. O. Bentley en matière d’ingénierie. Elle est propulsée par un remarquable moteur à quatre cylindres en ligne, très avancé pour son époque, doté d’un arbre à cames en tête et de quatre soupapes par cylindre. Comme beaucoup de machines d’avant‑guerre, la Bentley se distingue moins par sa puissance maximale que par son couple généreux, invitant à un pilotage fluide visant à conserver de l’élan.

À basse vitesse, la voiture semble lourde, sa direction réclamant de réels efforts. Mais une fois lancée, elle se métamorphose et révèle un caractère étonnamment agile. Malgré son poids, un pilote expérimenté peut la faire glisser de manière spectaculaire et parfaitement contrôlée. À Charade, le tracé étroit et sinueux offrira aux spectateurs le spectacle saisissant des pilotes se battant littéralement avec leurs grands volants en bois.

Téléchargez l’application