Du 1er au 3 mai, Motor Racing Legends ouvrira sa saison 2026 au Donington Historic Festival, dont ce sera la 15e édition. Plus de 300 voitures seront en piste dans les 18 courses au programme de l’événement. Coup de projecteur sur cinq d’entre elles.
En piste à Donington
Maserati 8C 3000, chassis 3001 (1932)
Mad Jack’ for Pre-War Sports Cars
Au début des années 1930, Maserati lance une grande offensive pour tenter de s’imposer face aux ogres des Grands Prix que sont Bugatti et Alfa Romeo. Avant sa mort en mars 1932, Alfieri Maserati met au point un nouveau huit cylindres, réalisé avec des alliages exotiques et équipé d’un compresseur, qui servira de base au prochain modèle de course de la marque. Désignée 8C 3000, celle-ci n’est produite qu’à deux exemplaires pour les saisons 1932 et 1933.
Le premier châssis, numéro 3001, est précisément celui qui remporta le Grand Prix de France 1933 sur l’anneau de Montlhéry avec Giuseppe Campari. Il fut ensuite piloté par le comte Baconin Borzacchini, tragiquement décédé lors d’un accident au Grand Prix d’Italie à Monza. Une fois réparé, il fut vendu à un privé italien qui continua à le faire courir, notamment au Grand Prix de Monaco 1934. Il participera aux deux courses Mad Jack for Pre‑War Sports Cars au Donington Historic Festival.
Jaguar D-type, chassis XKC 402 (1954)
Royal Automobile Club Woodcote Trophy
La Jaguar Type D a été conçue dans un seul but : la victoire absolue aux 24 Heures du Mans. Objectif brillamment atteint avec trois succès consécutifs entre 1955 et 1957. Si elle partage le six cylindres en ligne XK et plusieurs éléments mécaniques avec la Type C, sa structure diffère radicalement, puisqu’elle adopte une monocoque innovante et une aérodynamique directement inspirée de l’aviation. On estime la production totale à 75 exemplaires, dont 18 voitures d’usine.
Le châssis XKC 402, plus connu sous le nom d’OKV 1, est le deuxième construit et l’un des trois engagés officiellement dans la Sarthe en 1954. Piloté par Tony Rolt et Duncan Hamilton, il fut le mieux classé des Jaguar cette année‑là, terminant deuxième. À la fin de la saison 1955, la voiture fut vendue à Hamilton, qui la transforma pour un usage routier et la conserva près de trente ans. Cette machine exceptionnelle participera au Royal Automobile Club Woodcote Trophy lors du Donington Historic Festival 2026.
Ferrari 250 GT SWB ‘Breadvan’ (1962)
HMRN Pre‑’63 GT
La 250 GT SWB Breadvan est l’une des créations indépendantes les plus marquantes de l’histoire du sport automobile. Peu après l’échec du coup d’État de Maranello en 1961, Giotto Bizzarrini, ancien ingénieur chez Ferrari, et le comte vénitien Giovanni Volpi se lancent dans la construction de leur propre voiture pour rivaliser avec Ferrari. Ils rachètent une 250 GT SWB ex‑Gendebien, Hill, Trintignant et Scarfiotti, abaissent et reculent le moteur, puis l’habillent d’une carrosserie radicale, type break de chasse. Construite à Modène en seulement quinze jours, elle est emmenée au Mans par la Scuderia Serenissima de Volpi. Immédiatement surnommée « La Camionette » par les Français – puis « Breadvan » par les Anglais – elle est pilotée par Carlo Maria Abate et Colin Davis, qui parviennent à devancer les GTO en début d’épreuve, malgré une boîte à quatre vitesses. Après quatre heures de course, une défaillance de l’arbre de transmission provoque son abandon. Elle gagne ensuite la catégorie GT à Brands Hatch, puis termine troisième aux 1000 km de Montlhéry 1962 avec Ludovico Scarfiotti et Colin Davis.
Engagée en HMRN Pre ’63 GT, cette machine unique sera l’une des grandes attractions du Donington Historic Festival.
Jaguar XJS, chassis 005 (1984)
Historic Touring Car Challenge
Jaguar revient sur le devant de la scène du sport automobile en 1981, en tourisme, sur décision de son président John Egan. La XJ‑S développée pour le Groupe A par Tom Walkinshaw Racing, domine le Championnat d’Europe des Voitures de Tourisme en 1984 avec sept victoires, dont deux triplés, ainsi qu’un succès aux 24 Heures de Spa – le premier d’une Jaguar sur une course de 24 heures depuis 1957. La dynamique se poursuit avec une victoire aux 1000 km de Bathurst en 1985, posant les bases du partenariat TWR–Jaguar qui aboutira à de grands succès au Mans.
Le châssis 005 débute à Zolder en 1984, se qualifiant troisième avec Win Percy et Chuck Nicholson. Il signe la pole au Mugello avec Percy et Martin Brundle, remporte la course de Macao dans une livrée John Player Special, et part de la première ligne à Bathurst en 1985 avant qu’un problème moteur ne l’écarte de la lutte pour la victoire. Cette voiture participera au Historic Touring Car Challenge lors du Donington Historic Festival.
Holden VL SS Group A Commodore, chassis PE 007 (1989)
Historic Touring Car Challenge
Il n’est pas courant de voir en Europe une voiture du championnat de Supercars australien. Celle‑ci possède des racines britanniques, issue d’une collaboration entre Holden et Tom Walkinshaw Racing. En 1988, TWR est chargé d’améliorer la VL SS Commodore Group A, jugée instable à haute vitesse par ses pilotes. Un travail en soufflerie débouche sur un kit aérodynamique complexe en matériaux composites, doté de grands appendices et d’un bossage sur le capot. Son esthétique fait débat, mais les chiffres parlent d’eux‑mêmes : le Cx passe de 0,40 à 0,34, avec un net gain d’appui. Ces améliorations permettent à la voiture de rivaliser avec ses rivales turbo et de remporter Bathurst en 1990.
Le châssis PE 007, présenté à Donington, fut acheté par le Bob Forbes Race Team et disputa cinq éditions du Bathurst 1000 : 1989, 1990, 1992, 1993 et 1994. Il est présenté dans sa livrée de 1990, telle que pilotée par Kevin Bartlett et Russell Ingall. Il participera au Historic Touring Car Challenge lors du Donington Historic Festival.











